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2 juil. 2017

Lire Autrement #6 : Les 18 fugitives

Paul Cowan
Arte, ONF Canada, Intuitive pictures, bellota films...
1h15 de lecture
Gratuit
Conflit Israélo-palestinien


[Résumé trouvé sur le site internet]
Nous sommes en 1987, et le premier mouvement populaire Palestinien se soulève. Les habitants veulent des alternatives locales aux produits israéliens, notamment le lait, qu'ils achètent alors à une compagnie israélienne. C'est là que commence l'histoire de nos 18 vaches.

Derrière l'opération se cachent des intellectuels pacifistes et des professionnels de tous bords. Pas vraiment des fermiers lambda. Peu importe, ils foncent tête baissée, achètent 18 vaches et les passent en contrebande à Beit Sahour, une ville en Cisjordanie.
Mais qu'y connaissent-ils, en vache ? Ces tout nouveaux fermiers doivent apprendre tout depuis le début - même comment traire leurs protégées, ce qui n'est pas aussi facile que ça en a l'air.
Finalement, les vaches attirent l'attention des autorités israéliennes, et c'est une traque qui commence - un jeu du chat et de la souris (ou du soldat et de la vache) à grande échelle - alors que les vaches sont transférées d'étables en étables, fuyant des poursuivants déterminés à les trouver. Les vaches entrent dans la légende et le "lait de l'intifada" (parfois distribué dans la nuit) dans la vue de tous les jours des habitants.


Je ne sais pas vous mais en ce qui me concerne, du haut de mes 17 ans j'ai du mal à comprendre ce conflit et ses enjeux. Un reportage dans la revue Topo (que je vous conseille!) m'avait déjà un peu éclairée, et cette application m'a apporté encore quelques précisions.

Avant toute chose, cette application se démarque par son format. A la fois, BD interactive, animation en stop-motion et mini-jeux, elle peut aussi être complétée par des textes ou des interviews vidéos. Chapeau donc, pour ce format qui n'a pas dû être évident à mettre en place.

Cette BD (on va l'appeler comme ça ^^) est aussi très enrichissante et instructive, pour moi qui n'était pas très au point. En effet, le "contexte" est très bien expliqué, que ce soit dans la BD ou dans les suppléments (vidéo, biographies...). Les vaches, sionistes (nationalisme israëlien) convaincues, vont découvrir la Palestine et le quotidien de ses habitant.e.s... ce qui va ébranler leurs certitudes.

Car oui, les vaches sont humanisées : elles ont chacune une personnalité distincte, de la narcissique à la cheffe de groupe en passant par la révoltée. En bonne végétarienne que je suis, j'ai parfois trouvé qu'elles étaient un peu trop humanisée: à un moment, elles passent commande dans un drive-in et découvrent les spécialités palestiniennes. Plus tard, quand elles sont menacées, l'une d'elle ne veut pas "finir" en [insérer le nom de la spécialité que j'ai oublié x) ]; on comprend donc qu la vache a précédemment mangé de la viande bovine...

Globalement, une bonne expérience.


7 mai 2017

Lire Autrement #4 : Le dernier gaulois

... dernier Gaulois film complet, film Le dernier Gaulois HD, Le dernier

Kelvin Keiss et autres

Nouvelles Ecritures, Immersive Garden, Programm 33
Site internet
Temps de lecture : 25 mn
Gratuit
Histoire audio, Gaule, Bande dessinée 

27 septembre, 52 avant J-C, Alesia. Les Gaulois se sont unis pour vaincre leur ancien allié : Rome.

L’ennemi a patiemment encerclé la ville. César est prêt. Eux, ont faim. Mais l'heure du combat est venue.

Avant que tout bascule, Apator le chef Eduen, se souvient.
Remontez le fil de son histoire.


J'ai découvert cette histoire un peu par hasard, en regardant les productions des Nouvelles Écritures (je ne savais même pas qu'il y avait eu un film -_-').
Ça m'a un peu fait penser à Phallaina : une bande dessinée continue, qu'il faut faire défiler à son rythme. Aux différences près qu'ici, l'histoire nous est contée, qu'elle est plus courte, et qu'elle est sur ordinateur.

En fait, je pense que j'aurais mieux apprécié si j'avais vu le film avant ou après. Tout seul, c'est vrai que c'est plutôt intéressant (on voit donc l'enfance d'un gaulois) mais un peu court.

Le dernier Gaulois : expérience narrative et transmédia

Cela dit, j'ai beaucoup apprécié les dessins, très doux, qui par les teintes choisies m'ont parfois fait pensé à la BD Les Ombres, que j'avais adorée. La voix du personnage était calme et grave, elle invitait à prendre son temps. (d'ailleurs, si on va trop vite, un message nous en alerte ;) ).

Le Dernier Gaulois : expérience narrative et transmédia

L'aventure est découpée en six chapitres, qui prennent environ cinq minutes chacun. Six chapitres pour six étapes de la vie du conteur...

Le Dernier Gaulois par Les nouvelles écritures – Le blog de La ...

Donc cette expérience était intéressante, mais un peu courte :)


15 mars 2017

Lecture: Léonid, les aventures d'un chat [les deux tomes]





Brrémaud et Turconi

Soleil
47 pages
BD, enquête, chat

[Quatrième de couverture]

Léonid est un chat...
Pas encore adulte, mais pas non plus chaton...
Un jeune chat, quoi! Il vit dans une maison, au milieu des arbres, assez loin de la ville et près d'une ferme. Et bien que ses rêves soient animés de batailles nocturnes dans les bois, il passe ses nuits dans un panier et le jour, il s'amuse avec les chats sauvages du quartier.

Une vie de rêve, en quelque sorte.
Pourtant, un drame menace son petit monde...


Il y a longtemps, trèèès longtemps, j'avais vu une recommandation pour ces BDs. Du coup je les avais mises sur ma liste d'anniversaire, et je ne l'ai pas enlevé. Du coup, je les ai reçues cette année...
Dan ces deux courtes BDs jeunesse, on suit les aventures de Léonid, un jeune chat. Il est entouré de pas mal d'autres chats, d'un chien et d'une souris (allergique aux poils de chat...). Si on saisit bien la personnalité de Léonid et de quelques autres (Ba'on...), celle des autres animaux reste dans le flou. Heureusement, pour nous éclairer, les auteurs ont placé sur la première double-page (deuxième de couverture et page suivante) une petite présentation de chacun des personnages.
Deuxième point positif... LA MIGNONITUDE ! (désolée, il fallait que ça sorte ^^). Les chats sont trop mignons, leurs histoires sont trop mignonnes, même le méchant et la résolution (un peu simpliste ^^) sont le nec plus ultra du mignon.
Même s'il y a une trame un peu simpliste (le grand méchant se laisse adoucir par une tasse de lait), Léonid reste une duologie très sympathique, qui se lit très rapidement !

20 janv. 2017

Lecture: Saint-Germain, puis rouler vers l'ouest! (BD)







Bruno le Floc'h

Dargaud
48 pages
Amour, Voyage, Jazz


(Quatrième de couverture)
Alexis est musicien. Alors qu'il est, une fois de plus, rentré à l'aube après une nuit de fête achevée au poste, il découvre que sa Mary est partie. Au volant de sa 203, avec son saxophone et quelques bouteilles pour tout bagage, une vague adresse et un numéro de téléphone ne répondant jamais, Alexis prend immédiatement la direction de l'ouest avec une seule idée en tête : retrouver la femme de sa vie. Sur les routes de la France des années 1960, Alexis voit des Mary partout.

Saint-Germain, puis rouler vers l'ouest ! - BD, informations, cotes
J'ai découvert cette BD par hasard, alors que je n'avais rien à faire (=pas envie de lire Erasme). J'étais assise au CDI de mon lycée à côté des bacs BDs, alors j'ai fouillé, et j'ai trouvé ^^ .
Ici, on suit Alexis, saxophoniste, qui veut retrouver la femme de sa vie. La BD est très simple, que ce soit dans les planches ou dans les dialogues; le personnage d'Alexis n'est donc pas extrêmement creusé. Malgré cela, c'est un personnage attachant.
L'histoire est très simple, et les graphismes le sont aussi. C'est une BD qui se lit très rapidement (10 mn environ). Une histoire douce, un road trip sans d'autre encombre que la mélancolie du héros.
Les graphismes donc sont à la fois très droits et très éthérés (enfin c'est l'impression que j'ai eu); c'est quelque chose que j'ai beaucoup apprécié et qui renvoie à la solitude et au questionnement du héros.
Que dire d'autre, à part que c'est une BD très sympa et courte ?


Lecture: Les Ombres (BD)






Hyppolyte & Vincent Zabus
Phébus
174 pages
Récit, Onirisme, Fantastique, Exil

(Quatrième de couverture)
Une salle d'interrogatoire à la lumière crue. Une chaise, un bureau. C'est dans ce décor dépouillé que l'exilé n°214 voit son destin se sceller. Au terme d'un long périple, tête baissée, dos voûté, il demande l'asile. Poussé à l'aveu, il doit, pour obtenir le précieux sésame, revenir sur son passé et sur les raisons qui l'ont contraint à l'errance.



J'ai découvert cette BD totalement par hasard: ce midi, au CDI de mon lycée, je n'avais pas trop envie de me plonger dans Erasme -pourtant fort intéressant mais, comment dire? Un peu lourd à digérer. J'avais 40mn devant moi, j'étais assise à côté des BDs, alors j'ai commencé à les passer en revue. J'ai lu d'abord celle-ci, puis, dans une dernière tentative, le bac visé étant derrière moi, j'ai chopé celle-là. Grand bien m'en prit.
J'ai lu rapidement le résumé, sans en prendre vraiment conscience, sans le comprendre vraiment. J'ai commencé cette BD sans saisir vraiment le propos: dans les premières pages, un garçon portant un masque est assis sur une chaise, face à une table et un homme gros et grand. Il raconte son histoire, enfin essaye, et il entend des ombres, visiblement de ses proches défunts.

J'ai rapidement compris quel était le sujet: le parcours de deux enfants (adolescents), qui traversent un pays dans l'espoir d'en rejoindre un autre. Une histoire de migrants. On suit donc ce frère et cette sœur, dont on  ne connaît ni le nom ni le visage (comme c'est le cas pour la plupart des personnages).
Cette BD m'a énormément touchée. Je suis tombée amoureuse des graphismes, très charbonneux. Les pages pouvaient être autant très simple et en noir et blanc que foisonneuses (ce mot existe-t-il?) et en couleur. Souvent, elles adoptaient une dominante colorée selon le récit: ocres, couleurs de l'aurore, gris bleutés...
Bien sûr, l'anonymat des personnages renforce encore d'avantage l'émotion, puisque ce pourrait être n'importe quel migrant; et le fait qu'on ne connaisse que le visage du "recueilleur de témoignages" est très significatif: grand et gros, il est l'image des pays riches. La fin est à la foi pleine d'espoir et très triste (et donc d'autant plus poignante) puisque (spoil: surligner avec la souris) le frère est arrivé, mais seul, sans aucune famille ni amis vivant.e.s; on lui dit que son dossier sera traité le plus tôt possible, et la dernière image est le centre où il est "détenu" et dont on comprend bien qu'il ne ressortira pas de sitôt. 
Vous l'avez compris j'imagine, Les Ombres a été un énorme coup de cœur auquel je ne m'attendais absolument pas. Comme quoi, ils peuvent surgir de n'importe où ;)


1 août 2016

Lecture: De Cape et De Crocs [tomes 1 à 11]

Couverture de De Cape et de Crocs, Acte 1 : Le secret du Janissaire


Ayroles et Masbou
Delcourt Editions
Terres de Légendes
BD, Humour, Aventure, Combat de capes et d'épées, Fantastique



À bord d'un vaisseau turc, un coffre. Dans le coffre, un écrin, dans l'écrin, une bouteille, dans la bouteille, une carte, et sur cette carte... l'emplacement du fabuleux trésor des îles Tangerines !
Il n'en faut pas plus à deux fiers gentilshommes, fins bretteurs et rimailleurs, pour se jeter dans une aventure qui, de geôles en galères, les mènera jusqu'aux confins du monde.


Cette BD, je l'ai découverte grâce à Je Bouquine, qui en publia, il y a longtemps, tout le premier opus. Je suis tombée amoureuse de ces combats d'épées et de mots, de cet humour e de ces personnages irrésistibles, et j'ai commencé à collectionner les BDs. Dernièrement, j'ai eu les tomes 10 et 11, c'est-à-dire le dernier tome de la série et le premier du spin-off sur un des personnages. Pour l'occasion, j'ai voulu tout relire du début.
Je ne sais pas combien de fois j'ai lu ces premiers tomes et pourtant, je ne m'en lasse pas. Permettez-moi une comparaison avec Harry Potter: à chaque relecture, on découvre un nouveau détail insolite, une nouvelle référence, un nouveau trait d'humour. 
Car ils sont nombreux! Les références abondent, et je n'en ai peut-être surpris que la moitié. Elles sont en tous genres, et rappellent tant le théâtre que la poésie, les romans ou le cinéma. L'humour est également bien présent, et parfois bien caché (gare à eux qui sautent les explications de Bombastus, le savant!). A chaque fois que la prof de français parle d'hémistiche, je pense à cette répartie d'Armand contre le maître d'armes (que je ne vous spoilerai pas!).
Quant aux personnages, ils sont tout simplement irrésistibles. Don Lope, le fier Hidalgo; Armand, le français cherchant à conquérir le cœur de sa belle, Raïs Kader, mahométan cherchant vengeance, et bien sûr Eusèbe, l'adorable lapin, que son côté mignon sauva de bien des situations et qui vient sis souvent à la rescousse de notre loup et notre renard préféré; je les affectionne tous autant.
Enfin, l'histoire, si elle est burlesque et délirante (nos héros sont invités chez le Roi Lunaire), n'en demeure pas moins complètement addictive et absolument géniale.
Est-il nécessaire, pour vous convaincre de la découvrir, de vous dire que je suis fan des dessins?
Bref, cette BD comporte de nombreux points positifs et, à mon avis, aucun négatif. Alors lisez-la de toute urgence! 

En plus, il y a un site internet très complet! http://www.decape.askell.com


6 avr. 2016

Lecture: Un petit goût de noisette



Vanyda
Dargaud
206 pages
romance, bande dessinée, tranche de vie



Corentin jongle dans la rue pour aller au lycée. Sa petite voisine, Eleonore, collégienne mutine et rigolote, l’interpelle. Ils deviennent amis, puis inséparables. Histoire vert noisette. Manon débarque en avion en Espagne, voir un copain perdu de vue depuis l’Erasmus à Groningen. Elle va y retrouver aussi le mystérieux Esteban, ce qui l’émeut fortement, et lui rappelle des souvenirs. Histoire rouge orangé, couleur sangria. Barnabé est désespérément seul. Un matin il récupère un colis dans sa boîte aux lettres, livré par erreur pour une jeune femme de l’autre côté de la rue. Il lui laisse un message. Histoire fuchsia. L’histoire suivante, celle d’Eléonore est en deux couleurs, vert noisette et orange, pour sa copine Luna qu’on suivra plus loin. C’est Eleonore, désormais jeune femme, qui a reçu le colis, et Luna lui raconte qu’elle a fait une drôle de rencontre à Lyon. Les histoires s’enchaînent, légères, douces, heureuses ou malheureuses, toujours plutôt bienveillantes.


J'ai acheté cette BD au Salon du Livre 2014 (oui, j'ai des fiches lectures qui traînent, et alors? :) ) car la série Celle que je suis était au CDI de mon collège et que je l'avais bien aimée. Du coup j'ai une droit à une très jolie dédicace de Vanyda :).
Ce recueil d'histoire est très sympa, facile à lire et tout en couleur, contrairement à la première édition de la série Celle que je suis. Mais je ne le conseillerais pas à des personnes en dessous de 12 ou 13 ans (pour cause de certaines scènes de nudité).  (Au passage, navrée pour le résumé, ce n'est pas moi qui l'ai écrit mais je n'avais vraiment pas d'inspiration.)