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14 juin 2017

Lecture: La controverse de Valladolid



Jean-Claude Carrière
Pocket
252 pages
Histoire, Racisme, Débat, Argumentation


Quatrième de couverture

En 1550, une question agite la chrétienté : qui sont les Indiens ? Une catégorie d'êtres inférieurs qu'il faut soumettre et convertir ? Ou des hommes, libres et égaux ?
Un légat envoyé par le pape doit en décider. Pour l'aider, deux religieux espagnols. Tout oppose Ginès de Sépulvéda, fin lettré, rompu à l'art de la polémique, et Bartolomé de Las Casas, prêtre et homme de terrain ayant vécu de nombreuses années dans le Nouveau Monde. Le premier défend la guerre et son cortège d'atrocités au nom de Dieu. Le second lutte contre l'esclavage des Indiens. Un face à face dramatique dont l'écho retentit encore.


Comme Amerigo et Cannibale, ce livre fait partie de la dernière sélection de ma prof de français pour la séquence sur l'humanisme et l'argumentation.
Ici, après deux chapitres un peu rébarbatifs, on suit le débat qui oppose Sepulveda et Las Casas, sur l'humanité des indiens. Pour Sepulveda, ils ont des hommes mais d'une autre catégorie, né-esclaves; pour Las Casas, ils sont égaux aux occidentaux. Ce débat durera quatre jours.

Et quatre jours, c'est long. Même si les débats, et l'argumentation, sont très intéressants, j'ai souvent posé le roman. De nombreuses répétions, des envolées pénibles m'ont lassée. Pourtant, je ne peux pas nier l'aspect dramatique (d'ailleurs le texte existe aussi en pièce de théâtre) qui subsiste dans ce roman...
A vrai dire, je ne sais pas trop quoi en dire. Je me suis ennuyée, mais certains aspects étaient intéressants. Je connaissais la fin de l'histoire, forcément, peut-être que c'est à cause de ça que je me suis moins intéressée. Les deux personnages m'ont tapé sur les nerfs à certains moments, mais par endroit ils m'ont passionnée. C'est essentiellement du dialogue, donc on l'imagine facilement en pièce de théâtre ou en film. A la fin, la conclusion ouvre sur plusieurs siècles de racisme ; néanmoins je n'ai pas réussi à faire de parallèles avec le monde actuel, ou avec d'autres époques (peut-être aussi que je n'étais pas dans le bon état d'esprit ^^'). En somme, le seul point positif que je trouve à ce livre est que je sais maintenant quand s'est déroulé la controverse et de quoi, précisément, elle retournait. Mais pour le coup, une simple recherche wikipédia m'aurait suffi.


26 févr. 2017

Lecture: L'herbe Bleue

Couverture : L'herbe bleue



Anonyme [Beatrice Sparks en réalité]
Presses de la cité [Pocket]
212 pages
Drogue, Adolescence, Etats-Unis

L'herbe bleue est le journal intime d'une jeune droguée de quinze ans.
Cet ouvrage ne prétend pas décrire le monde de la drogues chez les jeunes. Il n'apporte aucune solution à ce problème.
Cependant, c'est une chronique personnelle, spécifique, en tant que telle, permettra peut-être de comprendre un peu cet univers de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons.
Les noms, les dates, les lieux et certains événements ont été changés, selon le désir de toutes les personnes mêlées à ce récit.

Il me semble que la première fois que j'ai entendu parler de ce livre, c'était dans une vidéo d'Audrey/Le Souffle des mots pour le challenge Petit mois, petites lectures. Puis j'en ai discuté avec une amie, qui m'a proposé de me le prêter.
Comme indiqué sur la couverture, le livre est un journal intime divisé en deux cahiers. Avant chaque paragraphe, une date, ou un point d'interrogation lorsque celle-ci n'est pas connue.
On suit donc la longue descente aux enfers de cette ado, pendant environ deux ans. En voulant s'amuser après une rupture, elle prend de la drogue à son insu. Horrifiée, elle se jure de ne plus y toucher mais ne peux s'en empêcher. Elle teste plusieurs drogues, fugue, revient chez elle, fugue à nouveau.
Ce livre est poignant, même si malgré ce qu'en dit le résumé ce n'est pas un journal réel (cependant, écrit par une psychologue, il comporte certains passages du journal de ses patientes). La narratrice est mal dans sa peau, sans recours, et c'est déchirant de la voir replonger malgré toute sa bonne volonté. Elle est très attachante.
Ce livre nous fait mieux comprendre les rivages (ravages) et les mécanismes de la drogue. 
La fin est saisissante. 

1 nov. 2016

Lecture: Pourquoi j'ai mangé mon père

Couverture : Pourquoi j'ai mangé mon père


Roy Lewis
Pocket
183 pages
Préhistoire, Humour, Famille

[Quatrième de couverture]
Faites la connaissance d'une famille préhistorique: Edouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu; Vania, l'oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles... Ces êtres délicieux font le tour du monde autour du feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l'amour, s'essayer à la drague, se battre avec l'évolution...
Situations rocambolesques, personnages hilarants d'un monde où l'homme est pourtant déjà homme: batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde. Un miroir à consulter souvent. Pour rire et réfléchir.


J'avais envie depuis très longtemps de lire ce livre (j'ai l'impression de dire ça à chacune de mes chroniques x) ), du coup je n'ai pas hésité lorsque je l'ai trouvé à la faveur d'un vide-grenier.
Dès le début, on rit. Et c'est le cas tout au long du livre. Les personnages emploient des mots, des expressions voire des langues qu'ils ne sont pas sensés connaître (la devise de l'oncle: "back to the trees" x) ), créant un effet de surprise chez le lecteur (qui entraîne le rire ;) ).
Les personnages sont extraordinaires. Même s'ils sont secondaires, chacun d'eux a une personnalité bien campée et un domaine dans lequel il se spécialise (la chasse, l'art, l'élevage, la philo). Ils sont terriblement modernes et d'autant plus cocasses, car ils contrastent avec leur condition.
L'histoire nous emmène, en partant de la "découverte" du feu, jusqu'à la mort du père, où on apprend donc pourquoi il a été mangé. Le narrateur est donc Ernest, jeune homme d'une quinzaine d'année, qui a beaucoup de réflexions et ne s'en cache pas. Il nous décrit aussi la condition "misérable" dans laquelle sa horde vivait avant le domestication du feu.
Le parallèle avec le présent est facile: on identifie rapidement ceux "de gauche" et "de droite", avec leurs idées communément critiquées.
Bref, Roy Lewis nous livre ici un roman désopilant, facile et rapide à lire.


15 juin 2016

Lecture: Les lumières de septembre



Carlos Ruiz Zafon
Pocket
253 pages
Fantastique, Démon, Marionnette

[Quatrième de couverture]
1937. Au manoir de Cravenmoore, en Normandie, la jeune Irène et son frère Dorian arpentent pour la première fois les couloirs interminables, les pièces interdites peuplées de marionnette et d'automates, tout un univers étrange et fascinant... Sous l’œil de leur mère, Simone, récemment embauchée comme femme de charge auprès du propriétaire des lieux, l'inventeur de jouets Lazarus Jann, les enfants redonnent vie à la vieille demeure. Mais leurs jeux et leurs rires réveillent bientôt quelque chose...
Une ombre maléfique, oubliée de puis vingt ans, qui ne demande qu'à faire de nouveau couler le sang...


Ce livre était sûrement dans ma PAL depuis plus d'un an. Ayant été beaucoup impressionnée par Marina, du même auteur, que j'avais lu plus jeune, je n'avais pas très envie de me replonger dans un de ces romans gothiques et effrayants, bien qu'appréciant la plume de Carlos Ruiz Zafon.
Ce roman est assez court et se lit très rapidement. De fait, son côté légèrement effrayant le rend plus addictif encore.
Je n'ai pas spécialement apprécié les personnages, je trouve qu'on ne les voit pas assez ou bien qu'il font trop "héros" lors du cataclysme final. Cependant, j'ai bien apprécié l'ambiance gothique qui n'était pas sans rappeler celle de Marina.
Je ne vois pas trop quoi dire d'autre; ce roman est du bon fantastique, légèrement effrayant. C'est l e troisième tome de la trilogie et pourtant le fait que je n'ai pas lu les deux précédents ne m'a pas nuit.